Idéologie gestionnaire, souffrance au travail et désinsertion. Héritages et perspectives de la sociologie clinique, colloque UMons (Belgique)

Nous vous informons de la tenue, à Mon en Belgique, d’une conférence grand public (le 9/9) et d’un colloque (le 10/9) consacrés aux « Héritages et perspectives de la sociologie clinique. Idéologie gestionnaire, souffrance au travail et désinsertion », organisé par certaines membres du RT16 et dont Vincent de Gaulejac (Paris 7, LCSP) sera l’invité d’honneur. Le Réseau international de sociologie, ORCHIS, le RT16 de l’Association française de sociologie et sociologie-clinique.fr sont partenaires de l’événement. 

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Argumentaire

« L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet ». Cette proposition énoncée par Vincent de Gaulejac dès ses premiers travaux sur La névrose de classe (Gaulejac, 1987) avait pour objet de saisir les enjeux subjectifs de l’individu contemporain. L’individu est histoire, d’une part, au sens où son identité s’est construite au départ d’événements personnels qui forment la trame singulière de sa biographie et constituent son héritage (Gaulejac, 1999). Il l’est aussi, d’autre part, en ce qu’il partage des éléments communs à sa famille, à son milieu, à son origine de classe ou ethnique, etc. L’individu-sujet est un produit de la société comme le démontre de longue date la sociologie. Il est aussi acteur et producteur de l’histoire, en ce qu’il est porteur d’historicité, c’est-à-dire en capacité d’intervenir sur sa propre histoire ou, à travers les actions qu’il entreprend, sur son cadre de socialisation voire sur la société.

Or la société résiste, d’autant plus aujourd’hui que s’y déploient des dynamiques de pouvoir qui prennent le sujet pour objet et le subjectif comme ressource des dynamiques productives et de domination (Aubert et Gaulejac, 1991). S’inscrire dans la société managériale contemporaine, dans laquelle les mécanismes de reproduction mais aussi de solidarité semblent pour une large part mis à mal, c’est prendre part à une permanente Lutte des places (Gaulejac et Tabodada-Léonetti, 1994) qui partage des vainqueurs dont la position est toujours précaire et des perdants auxquels sont destinées les places moins envieuses voire l’exclusion sociale dans lesquelles s’enracinent Les sources de la honte (Gaulejac, 1996). Vouloir devenir sujet c’est aussi, dans le champ du travail comme dans d’autres champs de la vie quotidienne, s’affronter aux logiques d’excellence, à l’idéologie gestionnaire et à la violence sociale (Gaulejac, 2005) qui s’y déploient. C’est s’affronter, dans tous les cas, aux paradoxes (Gaulejac et Hanique, 2015) qui se trouvent au cœur de notre système social.

Par sa portée théorique (qui suppose d’articuler la compréhension du social à celle du sujet jusque dans ses fondements psychanalytiques) et politique (qui pose au-delà de la critique, la nécessité d’une clinique du social), cette proposition fondatrice formulée par Vincent de Gaulejac peut aussi être considérée comme programmatique pour la recherche en sociologie clinique et inspirante pour la sociologie dans son ensemble. Comprendre la nature des épreuves que traverse l’individu pour advenir, les paradoxes auxquels il est confronté et leurs conséquences tant subjectives que sociales est au cœur de nombre de travaux contemporains en sciences sociales.

Ces questions sont au cœur de la conférence grand public que donnera le professeur Vincent de Gaulejac le 9 septembre 2015 dès 19h00 à l’Université de Mons (UMONS) et des communications proposées lors d’un colloque qio se tiendra au même endroit le 10 septembre 2015.

Informations complémentaires et procédure d’incrption : ICI.